Une portion de silhouette humaine endormie sur le côté

glisse sur des murs et des tuyaux,

se faufile,

nous échappera sans doute,

finalement.

Moins vraie qu’un fantôme,

c’est plutôt un songe, une idée abstraite.

Car ces pieds, jambes et fesses sont transparents, inconsistants;

et

alors qu’ils atteignent la partie la plus sombre du tableau,

ils arrêtent brusquement de raconter un corps.

 

 

Diane Benoit du Rey n’hésite pas à réduire les corps à des illusions, ainsi que David Lynch dans le théâtre Silencio de Mulholland Drive. On trouve dans certains tableaux des bustes solides de mannequins, dans d’autres des jambes souples à l’image de personnes réelles, mais sans prolongement. Il nous revient d’imaginer, mais si c’est un rêve que l’on visite, comment pourrait-on figer une fois pour toutes le moindre scénario? La peinture de Diane est comme un puzzle dont les différents morceaux ne sont pas faits pour s’emboîter vraiment.

 

Juliette Lamarca

Galerie l’Oeuvre et l’atelier